Présentation du Département d'Issia


PRESENTATION GENERALE      SITUATION ADMINISTRATIVE      DOMAINE ECONOMIQUE

Préfecture d'Issia, Journée internationale de la femme 2017 PRESENTATION GENERALE

 Le Département d’ISSIA est situé dans le centre-ouest de la Côte d’Ivoire, dans la Région du Haut Sassandra. Il s’étend sur une superficie de 5.658 km2 soit 1,75 % du territoire national. Issia est situé à 384 km d’Abidjan, à 175 Km de Yamoussoukro et à 49 km de Daloa la Capitale régionale.

  Il est limité : 

 Au nord, par les Départements de Daloa et de Zoukougbeu ;

 Au sud, par les Départements de Gagnoa et de Soubré ;

      A l’est, par les Départements de Gagnoa et de Sinfra ;

      A l’ouest, par le fleuve Sassandra, limite naturelle avec le Département de Duékoué.
Le Département d’Issia est caractérisé par un relief assez plat entrecoupé de nombreux bas-fonds et des roches granitiques en forme de rocher à certains endroits, notamment dans l’ espace communal.

Le climat est de type sub-tropical humide caractérisé par quatre saisons :

      -une grande saison des pluies qui s’étend d’avril à juin ;

      -une petite saison sèche  intermédiaire de juillet à mi-septembre ;

      -une petite saison des pluies, de mi-septembre à novembre ;

      -une grande saison sèche, de décembre à mars, avec des pointes de chaleur.

         Toutefois, il faut noter l’irréguralité de la pluviométrie d’une année à l’autre.  

En plein centre de la zone forestière tropicale, la végétation a été affectée par les nombreuses cultures pérennes et vivirères. Par conséquent, la forêt primaire de type équatorial a laissé place à une forêt secondaire.

Le sol de type argilo-sableux, est propice à toute sorte de cultures.

Le réseau hydrographique comprend principalement deux fleuves : le fleuve Sassandra, frontière naturelle avec le Département de Duékoué, et la Lobo. Néanmoins,  des rivières et cours d’eau de moindre importance, dont la Dih, la Goré, la Zoro et la Dablo serpentent le département.

 PEUPLEMENT :

L’appellation « Issia » découle d’une conversation entre un autochtone bété et un colon français qui a écrit Issia au lieu d’Isseria, qui signifie les descendants de SERI.
Les Bété, majoritaires, et les Niaboua, uniquement dans la Sous-Préfecture d’Iboguhé, forment le ciment ethnique du Département d’Issia. La langue Bété est la plus parlée dans cette circonscription.

Cependant, situé en zone forestière, propice à la culture du café et du cacao, le Département d’Issia a été pendant plusieurs décennies, l’objet d’attraction des peuples allochtones qui se sont implantés par vagues successives. Ce sont, notamment les Baoulé venus des savanes du centre de la Côte d’Ivoire, et les Sénoufo, Malinké et Lobi, venus des zones nordiques plus ensoleillées du pays. A  ceux-là, il faut ajouter une importante colonie étrangère venue des pays de la CEDEAO dont les plus nombreux sont les Burkinabés.

Ces populations cohabitent en bonne intelligence dans 128 villages, dont 40 dans les secteurs communaux d’Issia et de Saïoua. On dénombre également de nombreux campements, habités en majorité par des allochtones et allogènes.

Selon le Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 1998, le Département d’Issia comptait 288.275 habitants, soit une densité de 50,95 habitants au km2. 

Les données officielles du dénombrement du RGPH/2014 fournies par l’Institut National de la Statistique (INS) donnent une population départementale de 327 901 habitants répartis selon le tableau suivant :

 

RGPH 2014 : RESULTATS GLOBAUX PAR SOUS-PREFECTURE

DEPARTEMENT

 

SOUS-PREFECTURE OU COMMUNE 

 

HOMMES

 

FEMMES

 

TOTAL

 

R.M.

 

 

 

 

 

 

 

ISSIA 

 

BOGUEDIA

11 392

9 551

20 943

119,3

 

IBOGUHE

22 576

19 192

41 768

117,6

 

ISSIA

45 654

40 073

85 727

113,9

 

NAHIO

14 316

12 718

27 034

112,6

 

NAMANE

22 197

18 980

41 177

116,9

 

SAÏOUA

45 917

40 506

86 423

113,4

 

TAPEGUIA

12 940

11 889

24 829

108,8

 

TOTAL DEPARTEMENT ISSIA

174 992

152 909

327 901

114,4

 

Zone d’immigration par excellence, la circonscription attire plusieurs milliers d’allogènes (ressortissants de la CEDEAO)  et allochtones (malinké et baoulé notamment) qui prennent une part active à la mise en valeur des potentialités locales.

Aussi, la forte pression sur les terres cultivables, constitue-t-elle une menace grave sur la paix sociale.

ORGANISATION TRADITIONNELLE :  

L’Administration Coloniale a subdivisé le Territoire Ivoirien en Cantons. Cependant, les Cantons ont administrativement perdu de leur importance   à l’avènement de l’Indépendance de la Côte d’Ivoire.
Dans la pratique, la répartition de la population par aire géographique dans le Département d’Issia, reste encore étroitement liée aux cantons et même aux tribus. On dénombre six (06) cantons, subdivisés en tribus.

Ce sont :

Sous-Préfectures

Cantons

Nombre de Villages

Issia

Boguhé

38

Saïoua

Yocolo

29

Nahio

Yocolo

07

Iboguhé

Gnaboua

16

Boguédia

Gbalo

18

Namané

Lobouo ou Lobré

10

Tapéguia

Total Département Issia

Zabouo

06 cantons

10

128

NB : nombre de villages des Communes :

        Commune d’Issia : 22

      Commune de Saïoua : 18

  Il convient de préciser que l’homogénéité des populations originaires d’Issia existe tant au niveau de la langue que de la tradition. En effet, Bété et Niaboua ont les mêmes activités rituelles et les mêmes coutumes.

SITUATION ADMINISTRATIVE 

Le Poste Administratif d’Issia a été ouvert en 1906 par le Capitaine SIEFFER. Depuis, vingt-sept (27) Administrateurs coloniaux ont occupé le poste jusqu’en 1961.

Par la Loi N°79-409 du 21 mai 1979, le Département d’Issia a été créé, par scission de celui du Centre-Ouest dont le chef-lieu est Daloa. Il est ouvert depuis le 15 octobre 1983. A ce jour, neuf (9) Préfets se sont succédé à la tête du Département  qui compte sept (07) Sous-Préfectures: Boguédia, Iboguhé, Issia, Nahio, Namané, Saïoua et Tapéguia (ouverte le 8 février 2017). Toutes ces localités sont connectées au réseau téléphonique cellulaire (Orange, MTN, Moov).
La Sous-Préfecture de Namané, créé en 2009, est ouverte depuis  décembre 2011. Namané est à 25 km d’Issia, dont 15 km de piste. Namané n’est pas connecté au réseau électrique, ni à l’adduction d’eau. Ce qui rend difficile l’installation du Sous-Préfet. 

Tapéguia, autre chef-lieu de Sous-Préfecture, est situé à 16 km d’Issia, sur l’axe Issia-Gagnoa. Son premier Sous-Préfet a été installé le 8 février 2017. Il est connecté au réseau électrique et à l’adduction d’eau potable.

Iboguhé est situé à 28 km d’Issia, sur l’axe Issia-Duékoué. Il y a l'électricité mais pas d’adduction d’eau potable dans la ville.

Nahio est situé à 52 kilomètres d’Issia, sur l’axe Saïoua-Gagnoa. Nahio est relativement difficile d’accès. Il est connecté au réseau électrique mais pas au réseau de distribution d'eau potable.

Saïoua est situé à 38 km d’Issia, sur l’axe Issia-Sinfra. la ville a accès au réseau électrique et à l'adduction en eau potable. le nombre de service publics disponibles au chef-lieu de Sous-Préfecture rend celui-ci comparable à un chef-lieu de Département.

Boguedia est situé à 17 km d’Issia, sur l’axe Issia-Daloa. La ville est fournie en électricité et en eau potable.


DOMAINE ECONOMIQUE

LES PRINCIPALES ACTIVITES AGRICOLES :

 Café-Cacao :

     Cultures d’introduction ancienne, le café et le cacao occupent environ 95% de la masse paysanne du Département ; mais le verger est vieillissant. Un programme de rajeunissement des plants de café et de cacao par de nouvelles variétés est en cours d’exécution par le Conseil café-cacao en partenariat avec l'ANADER.

 Hévéaculture et Palmier à huile : 

      D’introduction récente, la culture d’hévéa connait une expansion rapide. L’encadrement des exploitants du Département est assuré par la SAPH. Selon l’ANADER, l’hévéaculture est pratiqué par environ 2.500 exploitants pour une superficie totale évaluée en 2013 à 5.000 ha.

       On constate le même engouement pour le palmier à huile dont le développement fait l’objet d’une politique accrue par la SIPEF-CI. Les demandes de mise en valeur de nouvelles exploitations avoisine 1.800 ha.

Cultures vivrières :

A côté des principales cultures d’exportation, la production est abondante et variée pour les cultures vivrières (manioc, riz, banane, etc) et maraîchères.

         Parmi les céréales, le riz est de loin la culture la plus pratiquée. Il occupe plus de la moitié de la superficie réservée aux cultures vivrières. Sous la forme essentiellement pluviale, la culture du riz est pratiquée par les autochtones et allochtones, et dans les bas-fonds, sous la forme irriguée, majoritairement par les allogènes.

         Environ 400 ha de bas-fond aménagés anciennement pourraient être remis en état pour permettre aux riziculteurs du Département, organisés en 2013 en coopérative,  de relancer leurs activités.

STATISTIQUES DE LA PRODUCTION AGRICOLE 

 CULTURES DE RENTE (EN COURS)

CULTURES VIVRIERES

Cultures

Production enregistrée

en 2015 (en tonnes)

Superficie emblavée

en 2016 (en ha)

Production enregistrée

en 2016 (en tonnes)

Riz

5863,84 T

1293,5 ha

4104,1 T

Tomate

10 T

13 ha

107,200 T

Maïs

6674,23 T

2926 ha

7315 T

Gombo

59,1 T

44,5 ha

227 T

Aubergine

135 T

61,25 ha

520,6 T

Piment

37,2 T

36 ha

280,8 T

Arachide

67,5 T

23,55 ha

74,25 T

Igname

21,300 T

12,52 ha

NP

Manioc

13,350 T

9,95 ha

30,200 T

 

 Elevage :

        L’élévage tient une petite place dans l’économie du Département. Cette activité, à la fois traditionnelle et moderne est orientée vers l’élévage des ovins, des caprins,  de la volaille et des porcins.

STATISTIQUES DE LA PRODUCTION ANIMALE

N° D’ORDRE

 

SECTEURS

 

FERMES/ELEVAGES

 

EFFECTIFS/QUANTITES

NOMBRE DE TETES

 

01

 

 Bovins

 

27

 

2700

 

02

 

Ovins

 

250

 

21 300

 

03

 

Caprins

 

350

 

27 431

 

04

 

Porcins

 

06

 

145

 

05

Aviculture

(Poulets de chair)

 

20

 

12 322

 

06

Aviculture

(pondeuses)

 

10

 

13 712

 

07

Aviculture

(traditionnelle)

 

957

 

17 000

 

08

 

Œufs produits

 

10

 

4 936 320

 

Pêche :

       La pêche est pratiquée de manière artisanale par des pêcheurs occasionnels et les pêcheurs professionnels.

          Les pêcheurs occasionnels, essentiellement des femmes Bété et Niaboua, qui, profitant de l’étiage en saison sèche s’adonnent à la pêche dans les ruisseaux et fleuves. Cette pêche est  pratiquée pour la subsistance familiale.

         Quant aux pêcheurs professionnels, ils sont en majorité de nationalité malienne, et exercent leurs activités sur le fleuve Sassandra. Ce sont ces pêcheurs qui approvisionnent les marchés de la ville d’Issia.

Industrie et artisanat :

          L’activité industrielle est essentiellement pratiquée par des unités de transformation du bois dont les plus importantes sont COVALMA à Gazibouo, la scierie Eloi LOHOURY, basée dans la ville d’Issia et la SMBO sis à Bémadi dans la Commune d’ Issia. On enregistre également de nombreuses unités de moindre importance que sont les ébénisteries, les boulangeries et les décortiqueries.

      L’artisanat est représenté par quelques foyers disparates d’artisans exerçants dans la forge, la ferronnerie et le travail du cuir. Comme partout ailleurs, ce secteur est confronté au problème d’organisation. Issia étant une ville carrefour, la promotion de ce secteur pourrait contribuer au développement du tourisme.

Tourisme et hôtellerie :

          Le tourisme n’est pas développé dans le Département.

            Néanmoins, la ville d’Issia fait l’objet d’un véritable attrait grâce à la Grotte Notre Dame de la Délivrance qui reçoit régulièrement des pèlerins en provenance de toutes les régions du monde. On pourrait, par conséquent, développer un tourisme religieux à l’image de Lourdes.

           En plus du Sanctuaire Marial, d’autres potentialités touristiques existent mais restent peu valorisées. Il s’agit notamment :

              - des petits danseurs d’Issia du village de Gaponoroguhé ;

- du masque Zigla de Bazaga ;

- la pierre miraculeuse de Békora ;

- la Grotte du génie de Mapé dans la Sous-Préfecture de Saïoua ;

- et celle de Dagbasoko dans la  Sous-Préfecture d’Iboguhé.

           Le Département dispose également d’un riche folklore très varié.

           Enfin, on dénombre plusieurs réceptifs hôteliers, dont les plus importants sont : le Versant du Rocher, la Maison des Pèlerins CRU, l’Hôtel la Paix, le Motel Shell.   

 

Commerce :

         Le commerce occupe une place de choix dans l’économie locale. Il est particulièrement actif du fait de la tenue de marchés hebdomadaires aux chefs-lieux du Département et de  Sous-Préfectures ainsi que dans les gros villages et campements. De ce fait, nombreux sont les commerçants ambulants qui parcourent les marchés du Département au cours de la semaine. Outre les produits manufacturés de grande consommation et les effets vestimentaires, les différents marchés sont surtout animés par les  commerçants du vivrier.

      Il faut aussi préciser que l’ensemble de l’activité commerciale est largement contrôlée par des étrangers.

 

Etablissements financiers :

         Depuis la fermeture des banques d'origine française, la Banque Atlantique et Ecobank sont les établissements financiers modernes du Département. A côté, de ces structures il ya la COOPEC et la Caisse d’Epargne qui traitent les virements de solde de la plupart des fonctionnaires et connaissent, par conséquent, un regain d’activité.

              La Banque du Trésor a été ouverte en 2017.